Cameroun : A Ngul Ntang’an, les jeunes s’investissent dans la tomate

Réputé pour la bonne qualité de son manioc et des gigantesques régimes de banane plantain, le village Ngul Ntang’an par Ayos, est devenu une zone de référence pour la tomate.

La culture de la tomate, dernière trouvaille dans cette localité du département du Nyong et Mfoumou, est pratiquée essentiellement par les jeunes.
Barthélémy Diaz Mbédé Messi, 27 ans, ex séminariste d’il y a quatre ans, confie: «J’ai toujours cru que ma place était à l’Autel ou derrière un grand bureau. C’est en me souvenant de ma première pépinière de piment lancée à l’âge de 12 ans que j’ai compris  que ma place était dans le travail de la terre.»
Si son habillement du jour contraste avec l’environnement du champ, c’est que Barthélémy vient d’effectuer un tour à Yaoundé. Il affirme y être allé faire un versement à la banque, fruit de la vente des cent cageots de tomate issus de son exploitation.
«J’ai fait un hectare de tomate et sommes à plus de 700 cageots récoltés et vendus. Le plus difficile dans l’agriculture, c’est l’écoulement du produit. Je me réjouis d’avoir réussi ce chalenge.» Confie-t-il. En vendant à 6000 FCFA le cageot sur les marchés de la capitale, Barthélémy a fait de bonnes affaires.
Pour satisfaire la demande, il a opté pour une production continue. Il explique: «Mon souhait est de mettre à la disposition des clients une tomate de qualité en quantité sur toute l’année.» Pour ce faire, Barthélémy Diaz Mbédé Messi s’est procuré du matériel d’irrigation et utilise une main d’œuvre permanente de cinq autres jeunes.
Situé à une centaine de kilomètres de Yaoundé, sur l’axe qui mène à Ayos, Ngul Ntang’an est désormais compté parmi les localités de référence dans la production de la tomate dans la région du Centre. Et les jeunes ne veulent pas en rester là.

Ferme agropastorale

Barthélémy et ses amis rêvent de mettre en place une grande ferme agropastorale intégrée pour multiplier leurs sources de revenus et créer plus d’emplois dans le village. «Nous voulons nous lancer dans l’élevage des porcs, de la volaille et des poissons.» Déclare-t-il. Déjà, les espaces libérés par la tomate sont utilisés pour la production du maïs.
Lecteur des fiches techniques produites dans le journal La Voix Du Paysan, le jeune Barthélémy Diaz Mbédé Messi utilise ces techniques pour se professionnaliser.

Magloire Biwole Ondoua

Se réaliser par la reconversion dans l’agriculture

En mars 2015, Pierre Bakary, 26 ans, s’est installé à Ngul Ntang’an. D’abord ouvrier agricole, il est en phase de se réaliser lui-même. 

Pierre Bakary est l’un des cinq employés de Barthélémy Diaz Mbédé Messi. Originaire du département du Mbéré dans l’Adamaoua, ce fils de bergerbakary-a-ngul-ntangan n’a pas voulu suivre les traces de ses parents.
«Après avoir quitté ma famille, j’avais à cœur de me reconvertir dans l’agriculture», raconte-t-il. Parti de son Adamaoua natal, Pierre atterrit à Bertoua dans la région de l’Est où il a tâtonné dans le taxi-moto. C’est alors que dans l’exercice de sa fonction, il transporte un client qui lui fait part de la disponibilité d’un emploi agricole à Ngul Ntang’an, non loin d’Ayos.
Sans hésiter, le jeune homme saisit l’opportunité et débarque dans la région du Centre en compagnie de sa dulcinée et de leurs deux enfants.
Entretien de la pépinière, préparation du terrain, piquetage et transplantation, aux côtés de Barthélémy, Pierre Bakary découvre petit à petit l’itinéraire technique de production de la tomate.
Bénéficiant de la confiance de son patron, Pierre s’offre certains avantages. Il soutient: «Grâce à mon attitude, j’ai eu l’accord de mettre sur pied un champ personnel de tomate d’une superficie de 700 m2. J’y ai récolté une dizaine de cageots.»
A Ngul Ntang’an, Pierre est réellement installé, au point où le retour dans l’Adamaoua est incertain.

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