Cameroun : Le cauchemar des transporteurs de poulets sur la route de Douala

Devenu le cimetière des poules et des œufs de table, le poste de contrôle de gendarmerie de Bekoko à l’entrée de la ville de Douala, sur la route de l’Ouest, est intraitable envers ceux qui transportent cette marchandise à problème.

Dur, très dur pour les commerçants qui transportent volailles et œufs ces derniers temps sur la route de Douala.
Il est 13h 30 minutes, le lundi 3 octobre 2016 au poste de contrôle de Bekoko. Malgré la grande affluence des voitures venant du Moungo et de  la région de l’Ouest, on aperçoit sur le bitume, un amas de plumes de poules encore fraîches témoigne du type de scénario qui s’est joué à cet endroit.
Renseignements pris, on apprend que  deux camionnettes transportant près de 3000 poules pondeuses, en provenance du Moungo ont été saisies par les routiers depuis la nuit. Selon les témoins rencontrés sur le lieu, la cargaison a passé toute la nuit, avant d’être libérée au petit matin par le commandant du peloton routier de Bonabéri, après vérification des certificats sanitaires.

Régal pour les riverains
« Les commerçants de poulets ont chaud sur cette route.» Témoigne le jeune Cédric, chauffeur de transport public. «C’est depuis minuit que des camions de poulets sont stationnés. Ça se passe ainsi presque tous les jours.» Renchérit-il.
Immobilisées pendant de longues heures sous le froid, puis sous la chaleur, certaines volailles meurent sur place. Cauchemar des éleveurs, mais régal pour les habitants des villages environnants.
Depuis l’apparition de la grippe aviaire en juin dernier, des riverains de Bekoko ne sautent pas un jour sans préparer du poulet.
Les heurts entre forces de sécurité et transporteurs téméraires se soldent généralement par l’arrêt et la réquisition des marchandises. Pour destruction, dit-on. C’est alors qu’une bonne partie se retrouve dans la nature et fait la joie des badauds.
Pendant ce temps, le poulet se fait attendre sur les marchés de la ville de Douala. «C’est devenu rare et plus cher. Le poulet que j’achetais à 2500 Fcfa, coûte à présent 3500 Fcfa», déclare Nathalie, ménagère à Bonabéri.
Entre contrôles abusifs malgré la présentation des certificats sanitaires par certains éleveurs et la non détention de ce même certificat par d’autres, on ne sait plus où mettre la tête. Avec ou sans certificat, venant d’une zone touchée par la grippe aviaire ou pas, il faut parfois négocier au prix fort pour faire passer ses poulets et ses oeufs.

Pompidou Ngamna

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