Cameroun : Fruits et légumes – La taxe de trop qui coince les exportations camerounaises

La décision prise par les Aéroports du Cameroun (ADC) d’imposer 18 FCFA de taxe sur chaque kg de fruits à exporter suscite la forte désapprobation des exportateurs.

«Les ADC n’ont jamais justifié de façon légale les raisons d’une telle taxation.» déclare Florent Onguéné, Président du Réseau des opérateurs horticoles du Cameroun (Rhorticam).
Principale organisation horticole reconnue par les pouvoirs publics, le Rhorticam s’occupe de toute la chaîne de filière horticole, de la production à la commercialisation.
Depuis 5 mois, les ADC obligent les exportateurs à un paiement d’une taxe d’un montant de 18 F CFA par kg de fruit à exporté.
Selon Théodore Kamhoua, le directeur d’exploitation des ADC dans un entretien accordé à une presse locale a tenté de s’expliquer : «Il n’y a aucun document écrit et signé de l’administration des ADC attestant que le Rhorticam sont exonérés de cette taxe. C’est pourquoi j’ai pris mes responsabilités.» Pourtant, le décret du Premier Ministre numéro 2015/232 du 25 Mai 2015 portant organisation et fonctionnement de l’Autorité Aéronautique dit que cette redevance est payable par la compagnie qui transporte le fret.

Arrêt des exportations

Pour respecter des engagements pris avec des acheteurs étrangers et satisfaire les demandes, les membres du Rhorticam se sont pliés à cette exigence des ADC pendant quelques mois en s’acquittant de cette taxe. Bien qu’en négociant pour la suppression de celle-ci. «Nous avons privilégié le dialogue, pour comprendre l’introduction de cette taxe. Nous avons adressé des correspondances aux ministères des transports, du commerce et l’Agriculture et du développement rural. Leurs réactions sont attendues.» ajoute Marcelin Bilogo, un exportateur basé à Douala.
Partenaire ADC depuis près de 10 ans, le Rhorticam, qui représente à lui seul 80% des exportations des fruits et légumes du Cameroun, entend peser de tout son poids pour rétablir la situation. Les opérateurs envisagent un arrêt partiel des exportations. Ce qui n’est pas souhaité par les petits producteurs qui auront pris un coup pour l’écoulement de leurs produits pourtant cultivés dans les normes d’export.

Irénée Modeste Bidima

Une mesure suicidaire pour la filière fruits et légumes
En demandant aux exportateurs de payer la redevance de 18 FCFA par kg de fruit exporté, le petit producteur à la base se trouvera asphyxié.

Selon les membres du Rhorticam, 18 Fcfa font 18 000 Fcfa à payer pour une tonne de produit exporté. Soit environ 7 fois ce que les ADC imposent aux compagnies aériennes. Véritable paradoxe. Et les opérateurs doivent payer cette somme avant l’embarquement de la marchandise.
Le comble est que l’exportateur n’est pas immédiatement payé par l’acheteur européen. Il ne le sera que 40 à 60 jours plus tard. Après l’aéroport, il doit venir solder le petit producteur qui lui a cédé sa production à son tour il paie l’entreprise qui lui a livré les emballages, le transporteur qui a porté la cargaison ainsi que le personnel de production et d’appui, acheter les intrants.
D’après les exportateurs, cette mesure est suicidaire pour la filière fruits et légumes. Une réalité qui ne cadre avec la politique gouvernementale, qui est de renforcer les petites entreprises locales à l’heure de la mise en application des accords de partenariats économiques.

IMB

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