Cameroun : Une machine à écraser les feuilles de manioc

Cet équipement réduit la pénibilité du travail et écrase les feuilles de manioc en 5 mn.

Cette sorte de marmite en aluminium ou en inox  posée sur un moteur électrique broie en quelques minutes des feuilles de manioc encore appelées «Kpwem» en langue Ewondo.
A la grande satisfaction des ménagères qui gagnent en temps et en énergie. Tanga Gustave Honoré, la trentaine révolue, et  le visage vif raconte: «C’est une machine que j’ai conçue au début des années 2000. En tant que jeune meunier des vivres frais, je recevais régulièrement des femmes qui me demandaient si mes moulins pouvaient aussi écraser les feuilles de manioc. Ce qui n’était pas possible. Je me suis donc donné pour objectif de concevoir une machine qui allait aider à résoudre ce problème», confie t-il. Avec son expérience des moulins et grâce à l’aide de menuisiers métalliques, il met au point la première machine en 2003 avec néanmoins quelques ratés. «j’ai fabriqué la machine avec une cuve en fer, ne sachant pas que celle-ci allait se rouiller. Après quelques jours d’utilisation, j’ai compris qu’il fallait plutôt que j’utilise des matériaux inoxydables comme l’aluminium ou l’inox.» admet le jeune inventeur.

Qualité et performance améliorées.

L’adoption de cette machine par les ménagères n’a pas été facile au départ. «il a fallu une grande campagne pour inciter les femmes à écraser les feuilles de manioc. Elles étaient réticentes et préféraient rentrer piler leurs feuilles dans le mortier à la maison. Mais elles ont peu à peu pris confiance par la suite. La très grande majorité de femmes ne peut plus se passer de cet outil aujourd’hui», affirme Tanga.
Au fil du temps, il a amélioré la qualité et la performance de cet outil qui peut dejà aussi écraser le maïs et le macabo: «Quand on coupe les légumes, on  met le moteur à 1500 tours par minute. Pour écraser le maïs ou le macabo, il faut le mettre à 3000 tours par minute», précise t-il.
Selon le promoteur qui dit avoir fait protéger son invention à l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI), une cinquantaine de machines a dejà été fabriquée.
Ces équipements coûtent entre 200 000  et 400 000 Fcfa l’unité. 5 machines ont été vendues au Gabon, 2 au Congo et 1 en Guinée Equatoriale.

Irénée Modeste Bidima

 

 

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