Cameroun : La redevance forestière des communautés locales toujours problématique

La part de RFA gérée par les  communautés riveraines des forêts a été ôtée en 2015. Le projet de loi de finances 2017 remet ce dossier sur la table. Mais les propositions faites ont un goût d’inachevé.

La loi de finances 2017 au Cameroun est encore à l’étude. Au centre des préoccupations dans le secteur forestier, se trouve en bonne place, les communautés riveraines des forêts. Elles, qui ont été exclues de la manne forestière dans la loi de finances 2015, ont pendant deux ans vu leurs actions et idées de développement stoppées.

Le projet de loi de finance 2017 voudrait les rétablir dans leur droit. Dans sa section 2, sur le point portant redevance forestière annuelle (RFA), en son article 243, on peut lire: «Le produit de la redevance forestière annuelle est réparti de la manière suivante: commune de  localisation  du titre d’exploitation forestière: 54%  des  50%,  soit 27%. Le quart (6,75%) de la quote-part de la commune de localisation est exclusivement affecté aux projets de développement portés par les populations riveraines.»

Ghislain Fomou, responsable du Programme gestion des ressources naturelles au SAILD, réagit: «J’apprécie certes ces efforts du gouvernement. Et j’imagine, les communautés aussi. Mais cette nouvelle disposition ne résout pas le principal problème. Les communautés riveraines des forêts ne réclament ni plus ni moins que la restauration des 10%  de leur quote-part de RFA ôtés en 2015.»

Il explique que la nouvelle disposition du projet de loi 2017 ne présente pas explicitement les communautés villageoises riveraines comme bénéficiaires de cette part de la RFA et par conséquent, ne leur donne aucun pouvoir dans la gestion de ces revenus.
Si ce texte de loi peut être considéré comme une évolution, il est clair que ça reste une régression comparativement aux dispositions d’avant 2015 où il était explicitement mentionné que: «Le produit de la redevance forestière annuelle est réparti de la manière suivante: Etat 50%; communes 40%; communautés villageoises 10%.»

Il y a encore du chemin pour que les populations riveraines des exploitations forestières,  acteurs incontournables de la préservation de la forêt, soient prises au sérieux et entièrement remis dans leur droit de gérer et de bénéficier de la RFA.
Magloire Biwolé Ondoua

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