Les agro-industries seraient-elles bons employeurs ?

Si l’on s’en tient aux propos de quelques ouvriers des Plantations de haut Penja (Php) – entreprise de production de banane export – on peut dire que les agro-industries sont de bons employeurs. Mais …

Ces ouvriers disent tout le bien du traitement  qu’ils reçoivent de leur employeur.

Mathias Ntepdieu est entré dans les exploitations Php en 1992. A l’époque on lui versait un salaire de 32.000 FCFA le mois. Après plus de 22 ans de service, il pense que beaucoup de choses ont évolué positivement. Il a un salaire correspondant à une grille connue de tous et sur la base de laquelle l’employé négocie avec l’employeur. Les avantages sont assez importants selon lui : pension retraite assurée, cotisations sociales pour l’employé et ses enfants, prise en charge en cas de maladie. Ici, on peut observer au siège de l’entreprise, constitués de vieux bâtiments acquis, une infirmerie où se soignent les employés et ouvriers. Les cas graves sont transférés à l’hôpital Saint Jean de Malte juste en face. Les ouvriers rencontrés ne s’accordent pas sur le pourcentage de la prise en charge par  l’employeur : d’aucuns parlent de 25% ou de 30% et parfois de 100%. Un autre vous dira qu’après les soins vous constaterez des coupes sur votre salaire. Malheureusement, il est difficile de vérifier cette information auprès des Php où on ne badine pas avec le formalisme.

Prime à la qualité
Georges Kum estime que chaque ouvrier doit assumer son choix. « Si on vous dit qu’on vous  versera un salaire mensuel  de 47.000 F CFA  comme c’est mon cas, à vous d’accepter ou de refuser ». Il ajoute que ce salaire de base peut sensiblement évoluer si l’ouvrier est entreprenant, disponible, pas tricheur du tout et surtout professionnel car la prime de qualité peut vous faire gagner, en plus du salaire de base, jusqu’à plus de la moitié de celui-ci. Cependant, il déplore les conditions de logement. En effet, la ville de Njombé n’offre pas de possibilité de bien se loger. Les maisons sont avant tout familiales et celles destinées à la location sont généralement mal faites ou trop chères pour un ouvrier qui gagne si peu. Georges Kum souhaite que l’entreprise construise des maisons pour les mettre à la disposition des producteurs en location-vente.

Les quelques ouvriers qui ont accepté de nous parler estiment cependant que les conditions de travail doivent être améliorées. Notamment, ils pensent qu’on devrait leur faire des bilans de santé assez régulièrement  et ne pas attendre que la maladie se déclenche pour courir chez le médecin. Le bilan médical permettrait d’anticiper voire de sauver des vies.
Par ailleurs, pour certains, le salaire ne permet pas de satisfaire tous les besoins prioritaires et de faire des projets personnels pour l’avenir. Ce à quoi Mathieu Ntepdieu répond que c’est une question de savoir bien gérer son salaire, prenant l’exemple sur lui-même avec ses 15 enfants qui vont tous à l’école et d’autres petites activités économiques montées à partir de son salaire.

Toujours est-il que la tentation de faire des sacrifices sur soi-même pour économiser un peu d’argent qui permettrait de s’acheter une moto et de devenir un moto taximan est grande ici.
Martin Nzegang

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