Les plastiques non biodégradables résistent à leur interdiction

La fabrication et l’usage des sachets plastiques non biodégradables sont interdits au Cameroun depuis avril 2014.
Mais en 2016, ils abondent toujours sur les marchés.

C’est à se demander s’ils ont vraiment été interdits. Tellement les plastiques sont présents dans les marchés, les ménages et les poubelles.
«Ils se sont eux-mêmes fatigués d’interdire» affirme, une commerçante de Yaoundé.

Moyen d’emballage incontournable pour les commerçants, compa-gnons fidèles des ménagères en ville, les papiers plastiques s’imposent encore dans les habitudes des citoyens.

N’abondent pas seulement les plastiques épais qui restent autorisés, mais aussi ceux de moins de 60 microns prohibés par la décision du Ministre de l’environnement.

Pourtant, le 24 avril 2014, hormis quelques réticences dues à l’absence d’alternatives proposées, tout le monde a souhaité la bienvenue à cette mesure salutaire pour la protection de l’environnement. Ce qui laissait présager que les uns et les autres étaient prêts à  vivre sans plastiques. Aujourd’hui en mars 2016, rien n’a vraiment changé.

Peu d’alternatives
Passées les campagnes de dissuasion des agents du Ministère de l’environnement, les petits sachets plastiques non biodégradables ont repris leur place sur les marchés.

Certains tenanciers d’échoppes dont beaucoup d’étrangers ont tourné le dos aux emballages prohibés. Hamidou, boutiquier malien à Yaoundé déclare: «On  nous a interdit d’emballer les produits vendus avec les plastiques non biodégradables. On nous surveille. Les sanctions sont dures, je ne peux même pas essayer, je vends sans emballer.»

Dans les grandes surfaces, à défaut de recycler les cartons, des plastiques payants estampillés «biodé-gradables» (à vérifier) sont proposés aux clients.
Hors de ces cadres, les petits commerçants, sans inquiétude, emballent en plein jour bonbons, biscuits, arachides, sucettes, beignets, poisson braisé et viande dans des sachets plastiques volants non biodégradables.

Nicholas Amougou , vendeur de cannes à sucre découpées déclare: «C’est difficile de faire sans ces sachets.  S’il faut faire sans ces plastiques, mieux vaut changer d’activité. Ce n’est pas possible pour le moment.»
En attendant des alternatives viables, les petits plastiques continuent leur périple pour échouer dans la nature.

William Tadum Tadum

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