Mbam et Kim : Le parc national du Mpem et Ndjim vendu en pièces détachées

Destiné à la préservation de la faune, sans plan d’aménagement, le parc fait l’objet de morcellements et de ventes au quotidien.

Créé en 2003, le parc national du Mpem et Ndjim est pourtant destiné à la préservation de la faune. Avec sa superficie estimée àprès de 100 000 hectares, cette zone, arrosée par les rivières Mpem et Ndjim est un site idéal pour l’agriculture. Cependant, bien que n’étant pas encore aménagé, le lieu n’admet pas les activités humaines. Depuis peu, le domaine du parc n’est malheureusement pas exempt des ventes du côté de la zone périphérique de Yangba.
En 2014, toujours à Yangba, plus de 24 000 hectares de forêt ont été réquisitionnés et matérialisés afin de constituer l’une des réserves foncières de l’Etat. Là aussi, les vendeurs procèdent au morcellement afin de satisfaire une clientèle de plus en plus nombreuse et exigeante.
Sociétés agricoles, diplomates à la retraite, généraux de l’armée, fonctionnaires ou simples paysans, les acquéreurs se recrutent dans toutes les couches de la société. Certains se sont taillé un patrimoine foncier estimé à pas moins de 50 hectares. D’autres ont badigeonné de peinture les arbres jouxtant certaines pistes par leurs noms sur une distance de plus de dix kilomètres. Les acquéreurs veulent la terre et les vendeurs l’argent. Le business de la vente des terres quant à lui continue de prospérer dans le Mbam et Kim.

 Le prix de l’hectare varie de 70.000 à 100.000 Fcfa

De par sa position de carrefour entre les arrondissements de Ntui, Mbangassina et Ngoro le village Voundou est une localité qui a émergé grâce à la cacaoculture. C’est aussi le lieu par excellence où se recrutent les potentiels acheteurs de terrain du village Yangba. La journée de vendredi dédiée au marché, est le moment idéal pour la prospection. Les vendeurs usent alors de subterfuges étonnants pour appâter les clients : Ils vont jusqu’à se faire passer pour  le chef et ses notables, On vante l’emplacement de la parcelle, son caractère « vierge », la proximité avec un cours d’eau, la présence à profusion du gibier. Il faut débourser entre 70 000 et 100 000 francs pour un hectare. À ce prix, tous veulent leur part du gâteau. Plus rien ne semble pouvoir stopper l’ardeur de ces vendeurs de terres.

Charles Joël Tsiri

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