Mengang, village au passé guerrier et une économie en plein essor

Auréolé par les conquêtes de ses fondateurs, Mengang a ajouté d’autres lettres de noblesse à son arc: le champ semencier de cacaoyer de ce village est la référence dans l’arrondissement.

Le champ semencier de cacao, situé à 15 km du centre du village, fait de Mengang une référence. Mis en place sous l’impulsion de la Société de développement du cacao (Sodecao), ce champ est la fierté des populations locales. Celles-ci se sont mises à l’école du cacao. En bordure de route comme dans les artères et tréfonds de l’arrondissement de Mengang, près de 2000 hectares de cacaoyer sont détenus et entretenus par les populations.

Mengang est relié à Yaoundé la capitale par une route carrossable. Par conséquent, les 80 km de distance se parcourent allégrement. Par ailleurs, le village est situé à l’entrée du département du Nyong et Mfoumou. Notamment sur l’axe bitumé Yaoundé – Ayos, nationale N° 10.
Avec près de 15000 âmes réparties sur une superficie de 707 km2, Mengang est habité par les tribus Ndong, Edouma et Yengono.

De véritables guerriers
Troisième de la dynastie après Olinga Mbana, qui a régné plus de 60 ans, et Belinga Mbele Dominique, 65 ans de trône, Sa Majesté Mviana Belinga Jean Pierre est l’actuel chef de 2ème degré du groupement Embama. Il entame sa 49ème  année de règne et s’en souvient comme si c’était hier : « Essentiellement guerrières, les populations qui se trouvent à Mengang sont arrivées après avoir chassé les Ovang et les Maka actuellement installés dans le département du Haut – Nyong, Région de l’Est.

Après cette victoire, ces populations ont décidé de protéger leur territoire, de ne plus faire de déplacement. Rester avec audace dans une localité, un endroit ou dans une maison en décidant de ne plus se déplacer, ce fait trouve sa traduction en langue locale par le mot « Magan ». L’harmonisation des appellations post coloniales oblige Magan à devenir Mengang. Aujourd’hui, les tribus autochtones que sont les Ndong, Edouma et Yengono vivent en harmonie avec celles venues d’ailleurs. »

Les infrastructures
Avec une trentaine d’écoles primaires, une dizaine de jardin d’enfants, quatre collèges d’enseignement technique, un lycée et un Centre de formation aux métiers agropastoraux (CEFAP), l’arrondissement de Mengang dispose du nécessaire pour assurer l’éducation et l’insertion socioprofessionnelle des fils et filles de la localité.

Alimentés en énergie électrique et jouissant d’une couverture téléphonique, Mengang et ses habitants touchent du doigt les réalités de la modernité.
Erigé en arrondissement en 1997, Mengang dispose entre autres d’une brigade de gendarmerie et d’une commune dont l’exécutif s’attèle à rendre la ville  attrayante. Les Vendredis sont particuliers dans le village, parce que jour de marché.
Evaluée à 70% de la population, la jeunesse de Mengang a à sa disposition des infrastructures de loisirs : stades de foot et de handball. Construit et équipé par la Commune, un télé-centre communautaire polyvalent sert de formations multiples pour les jeunes.

Une économie diversifiée

Mengang développe une économie essentiellement agricole et touristique.

En dehors des cultures industrielles qui se justifient par la présence des grandes exploitations de cacaoyer, de caféier, de palmier à huile et d’hévéa, les populations de Mengang s’activent dans la production vivrière.
L’usine à café implantée par une élite de la place inscrit Mengang dans le portefeuille des localités industrielles du Cameroun.
L’élevage n’est pas en reste. Dans les savanes situées à l’Est de l’arrondissement, les grands bergers disposent des milliers de têtes de bœuf. L’artisanat occupe une place de choix dans l’économie locale. Sa Majesté Mviana Belinga Jean Pierre est l’un des promoteurs de ce volet d’activités. Pour preuve, l’un des bâtiments  de la chefferie est fait en matériaux locaux. Un joyau architectural qui attire les visiteurs curieux.
L’économie touristique est enrichie par l’existence des rochers. Entouré et arrosé par le Nyong et le Mfoumou, ces deux fleuves attirent des vacanciers, visiteurs et touristes pendant les périodes de grande pêche.

Culture riche
Les Ndong, Edouma et Yengono de Mengang utilisent toutes les danses Bantou pour valoriser leur culture. Parmi elles, on peut citer le Bekoé, l’essana, le mendzang et les danse des rituelles lors des deuils.
La langue parlée est l’ewondo. Le plat préféré est le Kpwem (feuille de manioc) accompagné du manioc.
Les coutumes qui ont force de religion héritées des ancêtres sont valablement gardées et respectées. Elles sont utilisées dans les veuvages, les deuils, les cérémonies de dot.

La structuration traditionnelle révèle que Mengang dispose d’une chefferie de 2ème  degré, qui règne sur 18 chefferies de 3ème degré.
Elle s’active dans la création des grandes exploitations agricoles où les villageois trouvent à s’employer. Cette élite intéresse également les jeunes au secteur de l’emploi. Habités par l’âme de guerrier, on retrouve ces jeunes majoritairement dans les forces de défense et autres maillons de l’administration.

Pas de médecin

C’est l’une des rares unités administratives où l’on ne trouve pas de Médecin.

Si les infrastructures scolaires présentent des atouts favorables à l’éducation des jeunes, il n’en est pas de même dans le domaine de la santé.
Avec près de 15000 âmes, Mengang est l’une des rares unités administratives où l’on ne trouve pas de médecin. L’étroitesse de la case de santé et le personnel médical existant sont en deçà de la forte demande en soins de santé. Mengang est à cheval entre deux villes ayant au moins un médecin. Awaé à 25 km, Akonolinga à 35 km. Bien éloignées pour sauver des vies.

Installée sur les cours des particuliers et dans des domiciles, l’eau des robinets n’est pas aussi visible que l’adduction d’eau Scan Water implantée au beau milieu du village. Depuis trois ans, les populations de Mengang n’ont pas vu l’eau sortir de cette imposante installation.

Pour palier cette difficulté, les élites se sont mobilisées pour doter le village de quelques forages.
Situé sur l’axe qui relie le Cameroun au Tchad et à la République Centrafricaine, le poste de gendarmerie de Mengang reste à court d’éléments pour faire face aux défis de sécurité. Fort heureusement, les fils de Mengang sont un peuple de guerriers.

Magloire Biwole Ondoua

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