Peut-on être riche en cultivant le maïs ?

Nous sommes une organisation pour la promotion du droit à l’alimentation.

Dans le cadre des programmes visant à atteindre nos objectifs pour la lutte contre la faim, nous appuyons les communautés villageoises dans le travail de la terre, à travers l’exploitation des champs de maïs à grande échelle (5 hectares) pour permettre leur développement social et économique.
Pour cela, nous voulons avoir toutes les informations précises en termes de débouchés pour l’achat de leur produit qui est essentiellement le maïs.

Pouvons-nous avoir des réponses aux questions suivantes :
–    La culture du maïs peut-elle sortir nos communautés villageoises de la pauvreté ?
–    Dans l’affirmative, quelles sont les précautions à prendre pour se lancer dans la culture du maïs ?
–    Y a-t-il une variété de maïs plus rentable que d’autres ?
–    Quelles sont les principales variétés les plus demandées sur le marché ? Où les trouver ?
–    Quels peuvent être les acheteurs directs et moins procéduriers du maïs sec ?
–    Existe-t-il un prix homologué pour ce qui est de la vente du kilogramme de maïs sec? Sinon, quels sont les critères de définition du prix du kilogramme de maïs ?
–    Votre Centre de documentation peut-il nous appuyer? Dans quel sens ?
Merci de répondre à nos questions dont les réponses, à coup sûr, nous permettront de nous fixer.
Christy N.

Chère Christy,
La culture du maïs peut contribuer à sortir les communautés villageoises de la pauvreté.
Mais certains préalables doivent être respectés à savoir: l’utilisation des semences améliorées et des engrais pendant la production, sans oublier l’amélioration des conditions de stockage (greniers, cribs, silos).

Pour ce qui est des variétés, il en existe deux principales :
– Les variétés composites: elles coûtent en moyenne 700 Francs CFA par kg de semence. La production moyenne est de 4 tonnes par hectare.
– Les variétés hybrides: elles coûtent en moyenne 1800 Francs CFA par kg de semence. La production moyenne est de 8 tonnes par hectare.

Cependant, dans les plantations non mécanisées, nous conseillons généralement les variétés composites qui sont moins contraignantes en approvisionnement de semences et en itinéraire de production. En plus, les semences composites peuvent être utilisées (ressemées) pendant 2 à 3 campagnes. Par contre, les hybrides ne sont utilisés qu’une seule fois.
Il faut noter que vous pouvez réaliser des gains moyens de l’ordre de 125.000 Francs CFA ou 400.000 Francs CFA par hectare et par campagne agricole lorsque vous utilisez les variétés composites ou les hybrides respectivement. Dans les plantations mécanisées (superficie supérieure à 100 hectares avec utilisation des machines comme le tracteur et la moissonneuse batteuse), les revenus sont plus importants. Malheureusement, ce modèle de production n’est pas adapté pour les communautés villageoises qui ne disposent pas de grandes superficies.

Le prix du maïs varie en fonction de la période
Votre projet reposant sur 5 hectares, nous nous devons de vous dire qu’il peut s’avérer très pénible, voire impossible de créer en une seule campagne, une exploitation de cinq hectares de maïs en zone forestière. Ceci à cause des arbres à abattre qui constituent un obstacle majeur pour l’extension des parcelles. A cet effet, nous vous conseillons de procéder à la création progressive des petites parcelles de l’ordre d’un demi-hectare à un hectare par année. L’abattage des arbres se fait généralement en saison sèche à partir du mois de novembre.

Quant au marché, le prix de vente du maïs grain ne varie pas en fonction de la variété, mais plutôt en fonction de la période. Il n’existe pas de prix homologué. Le prix de vente est fixé de gré à gré entre les producteurs, les commerçants et les acheteurs (consommateurs). Ce prix est influencé principalement par l’offre et la demande du marché. La période de l’année où le maïs enregistre son plus bas prix se situe après les mois de récolte (août-septembre) où le prix minimum moyen est de 100 francs par kilogramme. La période où il se vend le plus cher c’est pendant les semis (mars-avril); le prix maximum est de 250 FCFA, voire 300 FCFA par kilogramme.

Pour la consommation humaine, le choix d’une variété peut être fonction des habitudes alimentaires. Par exemple, dans les régions du Centre et du Sud, on note une préférence pour la variété de maïs « Bénédicte » (CMS 8704) de couleur jaune consommé frais comme légume sous diverses préparations comme le « Sanga », le maïs braisé ou bouilli. A l’Ouest et dans l’Adamaoua, le maïs blanc est prisé pour faire le couscous.

De manière générale, La culture du maïs a de nombreux débouchés, entre autres, les provenderies, les fermes d’élevage, les sociétés brassicoles, les ménages. Pour avoir plus d’informations détaillées sur les potentiels acheteurs de maïs au Cameroun, vous pouvez passer au Centre de documentation pour le développement rural (CDDR) à Yaoundé situé au siège de La Voix Du Paysan à Elig-Essono, pour commander un dossier commercial à cet effet.
De même, vous pouvez acquérir au CDDR une fiche technique sur la culture du maïs.

Pour ce qui est des semences de maïs, vous pouvez en trouver auprès des personnes ou structures suivantes :
– IRAD de Nkolbisson, BP : 2067 ou 2123 Yaoundé-Cameroun, téléphone : (237) 222-22-33-62, email :iradpnva@iccnet.cm / iradpnrva@yahoo.com.
– Ndioro Ambassa, Bafia, Tél. 677 86 79 55
– Groupe Bityili, Ebolowa, Tél. 696 13 64 15 Email : mezenelosy5@yahoo.fr
– GISEM, Yaoundé, Tél. 699 83 48 73 /699 30 15 90/699 71 67 84, E-mail : czonkeng@yahoo.fr

Print Friendly, PDF & Email
Partager...Share on Facebook8Share on Google+0Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn0Email this to someone

Vous pourriez aussi aimer